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Un article du Point titre Presse - Libération teste la gratuité. Il s’agit pour le quotidien national de distribuer 500 000 exemplaires gratuits, vendredi 11 avril prochain, sur présentation d’un coupon dispensé au préalable. L’hebdomadaire précise que “cette opération vise à reconquérir d’anciens lecteurs à qui la nouvelle formule du journal, conçue depuis l’arrivée de Laurent Joffrin, a peut-être échappé“.

La presse écrite est en réelle difficulté, et cette opération ne fait que le confirmer. Le plus intéressant ici est de constater la mise en oeuvre d’une telle promotion. D’antan, la renommée d’un journal et ses offres d’abonnements avantageuses suffisaient. Ce n’est apparemment plus le cas aujourd’hui. La culture du gratuit ayant insidieusement envahi notre société, les médias traditionnels se voient obligés de faire face et de s’adapter dans leur communication. Un pas de plus vers les Freeconomics ? Si les coûts de production d’une rédaction web restent faibles et rentables en partie par de la publicité, qu’en est-il d’une version papier financièrement lourde  ? Pourra-t-on expérimenter dans le futur des campagnes offline de distribution gratuite de titres presse pour promouvoir la seule version online de cette parution ?

Un autre élément important de cette campagne est que les coupons offerts ne se retirent que dans les kiosques, et spécifiquement ceux qui distribuent Libération. L’opération vise donc principalement un public déjà acquis à la cause de la presse écrite, habitué aux journaux papiers. Comme le stipule Le Point, l’opération vise à reconquérir d’anciens lecteurs. Doit-on comprendre que seuls les anciens et coutumiers lecteurs sont des acheteurs potentiels de la nouvelle version de Libération, et qu’il serait miraculeux de décrocher quelques nouveaux lecteurs trop habitués à la gratuité ambiente ? Cela signifierait la mort annoncée de la presse quotidienne… Qu’en penser l’heure où France Soir renaît de ses cendres ?

Pour ma part, je pense qu’il sera difficile de maintenir une presse nationale quotidienne. Aujourd’hui, Internet permet une circulation quasi-instantanée des informations politiques, économiques, boursières, sportives, sociales, évènementielles,… En plus de la gratuité, il permet la rapidité de diffusion et l’évolution permanente alors qu’un journal papier n’est voué qu’à paraître “que” toutes les 24h. Il faut donc proposer ce qu’Internet offre peu ou prou. Des parutions hebdomadaires ou mensuelles qui ne contiennent pas une actualité à chaud, mais une analyse à froid permise par le recul, un travail d’investigation mené par un journaliste de métier (Le Point, L’expansion, …). Des magazines thématiques de plus en plus spécialisés visant des niches réduites. On pensera au lancement réussi de GQ. Ou encore des titres essentiellement axés sur un rendu graphique, sur de la photo, comme Vogue.

Et vous, comment voyez-vous les choses dans 10 ans ?

Faire savoir au monde entier que ce billet vaut le détour

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1 commentaire pour “La presse touchée par les Freeconomics ?

  1. Bonjour Adhémar,
    Je trouve assi que cette initiative est évocatrice de la rapide et incontrôlable perte de vitesse de la presse papier.
    Ton idée d’une promotion offline des supports online est une solution “multicanale épicentrée Web” très intéressante, qui se fait déjà en com’, mais évidemment pas pour la presse… On va y venir.

    AngeNo Gravatar

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