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Vous avez sûrement entendu parler de la Flash mob dans la gare “Grand Central Station” de New York où plusieurs centaines de personnes ont “freeze” en même temps.  Le concept est simple : tous les participants s’immobilisent pendant 5 minutes, comme si le temps était suspendu, laissant les badauds un poil perplexe. Si bien réalisé, effet garanti !

Suite aux succès de ces récentes manifestations, Charles Nouÿrit a décidé de créer un groupe facebook pour réunir des personnes souhaitant participer à une flash mob, Freezeparis était crée. L’heure de rendez-vous était donné pour Samedi 8 Mars, à 14h aux abords du palais de Chaillot.

Arrivé à 13h50, je dénombre à peine une centaine de personnes. 10 minutes plus tard, la foule s’est décuplée, on ne voit presque plus le vert de la pelouse et les déplacements sont rendus difficiles. Plus de 1000 personnes étaient prévues, comment les gérer toutes ?

Si la moyenne d’âge des participants devait se situer entre 20 et 30 ans, quelques qinquas et autres seniors ont aussi répondu présent. Les gens se cherchent, agitent en l’air leurs mains, regardent de tous les côtés un téléphone accroché à l’oreille. J’ai été étonné de la présence d’étrangers. A plusieurs reprises j’ai entendu des anglophones prononcer le mot “freeze“, preuve qu’ils n’étaient pas là par hasard…

Charles Nouÿrit est sollicité par de nombreuses caméras. Je ne saurai pas dire s’il s’agissait de journalistes professionnels ou d’amateurs vidéastes… Je reconnais les présentateurs de Geekement Correct qui viennent le saluer. Puis, l’heure venue, il se poste sur la butte du parc et déclenche la sirène de son mégaphone. La foule se retourne immédiatement et se rapproche instinctivement.

Il est 14h22, il commence le brief. La freezemob aura lieu sur les jardins du palais de Chaillot. Nous nous séparerons en trois groupes distincts pour envahir l’espace de façon uniforme. Le freeze se déclenchera comme une ola. Démarrée en un point central, dès qu’une personne freeze, tous ses voisons en font de même jusqu’à atteindre les extrémités de la freezemob, afin de maximiser l’effet de suprise des passants. Il en sera de même pour le “défreezage”. Pas d’applaudissements, pas de cris, chacun reprend son activité comme si de rien n’était et se retrouve au point de brief. Un avertissement est lancé à ceux qui comptaient nous faire les poches ou nous chatouiller. Sur un dernier “Amusez-vous bien !”, tout le monde siffle, applaudit puis se dirige vers le lieu de freeze, on sent l’envie de faire un truc énorme, la ferveur des foules, l’euphorie de l’action.

Le départ est légèrement chaotique. Prévu initialement à 14h30, on est dans les temps. Les allées se remplissent uniformément, les gens préparent leurs postures. Certains ont prévu un ballon, une guitare, d’autres ramassent leurs magazines chus ou font une proposition de mariage…

Il est 14h40, je me balade, je regarde les postures prévues par les freezers. Je recroise les animateurs de Geekement Correct. “On va faire une sextape et l’envoyer à Otto”. J’ai dû manquer le début de la conversation… Tout d’un coup, je vois devant moi la vague de freeze se rapprocher. Pris au dépourvu, je choisis de freezer en plein baillement. C’est parti pour cinq minutes.

L’euphorie de la première minute vient à s’estomper et les crampes se révèlent. A la mâchoire d’abord. Puis au tendon d’achille bandé pour tenter de reconstituer un mouvement de marche naturelle. Et les paupières, les garder closes mais pas trop, que je puisse sentir venir le defreeze. Mon baillement factice me provoque un baillement naturel que je tente de réprimer. Puis un autre. Ma bouche commence à se déssecher. Le haut de mon palais est arride alors que ma langue baigne dans la salive. Je préfère déglutiner, je suis pas encore assez rôdé pour maîtriser le freeze avec un filet de bave. La vague du defreeze apparaît au bout de l’esplanade. Je l’attends avec impatience. Vient mon tour, je repose mon pied par terre, finis mon baillement et reprend ma marche.

Comme convenu, personne n’applaudit, ce qui n’empêche en rien un sourire de se dessiner sur toutes les bouches. Je me dirige lentement vers le point de debrief. Les gens échangent ce qu’ils viennent de vivre, voir, ressentir. Je n’étais pas le seul à avoir des crampes ! Rapidement on entend quelques critiques.

Les freezers ont rejoint le point de debrief. Charles Nouÿrit prend son mégaphone et annonce la couleur d’entrée : “Freeze Paris est le plus gros freeze jamais organisé !”. Tout le monde s’auto-congratule, on se laisse envahir par une certaine liesse, même si on sent le regret pointer sur le déroulement du freeze. Il explique comment procèdera la collecte de ceux qui souhaitent prêter leurs enregistrements vidéos ou photos. Je m’attendais à un debrief de sa part sur le pourquoi de l’heure d’avancement du freezage. Rien. Il remercie une dernière fois tout ceux qui ont su se prêter au jeu, et répond en privé aux caméras qui l’entourent.

Il détaille qu’il a choisi d’avancer l’heure du freeze pour faire partir deux vagues et répartir au mieux l’effet. On offre son avis critique. Tout le monde semble d’accord sur le trop grand nombre de participants. Peu de gens étaient encore en mouvement quand nous avons freezés, l’effet en en a donc été largement amoindri. L’évènement a été victime de son succès. Autre point, le démarrage du freeze a été problématique. L’avance avec laquelle il s’est produit semble avoir déconcerté beaucoup de freezers. Certains affirment qu’il aurait fallu se servir de la fanfare. Un signal leur aurait été donné, ils auraient immédiatement cessé de jouer entrainant tout le monde dans le freeze. Puis vient sur la table le choix du lieu, le palais de Chaillot est trop peu fréquenté un samedi après-midi pour donner un effet intéressant. Personnellement, je pense qu’il s’en était à moitié douté, mais de par la configuration du lieu, les prises de vues en hauteur sont faciles à éxécuter pour repartir avec de belles images, et avoir la Tour Eiffel pour arrière-plan est toujours bon pour l’exportation…

J’ai la sensation d’éprouver un regret partagé, un peu amer, du déroulement quelque peu bancal de l’évènement. Les plus fervents se sentent prêts à recommencer.

L’idée de reproduire ce happening sur les Champs-Elysées naît rapidement. Le lieu, le symbole, la place, l’effet de vague du freeze, … beaucoup d’éléments positifs.

Mais Charles Nouÿrit soutient que l’essence d’une Flash Mob est dans l’éphémère, il n’y aura donc pas d’autres Freeze Paris… Déçu de ne pas réitérer l’évènement, on se console en sachant qu’on vient d’assister à une expérience unique.

 

Voilà le teaser officiel de Freeze Paris. La vidéo complète a été annoncée pour Lundi soir.

 

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