Ad & mar

Ad(vertising) & mor(e)

Advertising Age a entrepris de recenser les meilleurs pubs ayant circulé dans les tuyaux de YouTube. Ce nouveau mode de consommation vidéo a cassé les normes des films TV classique. Anciennement contenu dans un 30′, le film publicitaire s’émancipe, s’allonge, se raccourcit, se libère de ses packshots ou tags brandés pour jouer la carte de l’interactivité.

Un nouveau mix entre pub, bande démo, brand content, « Do it yourself » video, in-game video et bons vieux viraux sortis de nulle part. A ne plus savoir si c’est le concept, la production, l’exploitation (maligne) du support ou l’idée créative qui retient notre attention.

Bref, un florilège par AdAge des meilleures vidéos de ces dernières années. Une ode à la créativité. Pas forcément d’accord avec tout d’ailleurs, mais certaines restant méga-flamby du poney (quand même) :

  • Le site web de BooneOakley en vidéo YouTube
  • PianoStairs – TheFunTheory.com
  • Hot Wheels Custom Motors Cup Challenge
  • Adidas « Split up Service »
  • CL!CK – A Lego short film

Ca vaut ce que ca vaut. Et c’est déjà pas mal.

iPhone screenshot - Le chemin qui menait vers nousWilliam Réjaut, plume active qui sévit sur Le Post, Le Figaro (et moults autres), auteur de 3 romans papiers, vient de publier un nouvel ouvrage. Pourquoi préciser « papier » ? Parce qu’il s’agit là d’un roman feuilleton numérique, uniquement disponible sur iPhone, iPod Touch (et prochainement l’iPad, présumons). Concept interactif, participatif et doté d’une logique rémunératrice astucieuse, cette expérience digitale vaut le détour.

Je ne compte pas vous faire plus limpide que leur explication communiqué de presse, présent sur le site dédié à « Le chemin qui menait vers vous » :

Après avoir téléchargé gratuitement l’application sur son iPhone ou son iPod Touch, l’utilisateur recevra chaque semaine un pack de deux nouveaux chapitres du roman. Les trois premiers chapitres seront distribués gratuitement et pourront être commentés au sein même de l’application, via des échanges sur Facebook et Twitter ainsi que sur un site dédié. Ainsi, dès le quatrième chapitre et dans l’ensemble des chapitres suivants diffusés chaque semaine, l’auteur prendra en compte les questions, avis et échanges avec les lecteurs pour poursuivre le déroulement de l’histoire.

Ainsi, arrivé au 3e chapitre, le lecteur se voit offrir la possibilité de donner son avis à l’auteur sur la page Facebook, , ou directement sur le site dédié. William Réjault s’occupe de récolter tous les commentaires remontés puis écrit les 2 chapitres suivants. Pour 0,79€, héhé.

Les premiers chapitres étaient en effet gratuits ; mais pour connaître la suite le lecteur devra télécharger la version payante de l’application.

Un dispositif qui permet de :

  • recueillir les avis des internautes
  • créer une communauté active autour du produit
  • procurer un rôle de création aux participants et les investir dans le projet
  • écrire une suite en fonction de l’attente des lecteurs (qui est censée leur plaire davantage, donc les inciter à lire la suite,  donc passer à la version payante de l’appli)

Si l’auteur prend en compte les commentaires qui lui parviennent, il garde néanmoins la main-mise sur la direction de l’oeuvre. Les décisions, à l’instar des « Livres dont vous êtes le héros », concernent pour l’instant plus des choix d’action du héros que la véritable trame de la fiction. Une créativité participative sommes toutes contrôlée, à raison.

Une initiative qui a le mérite de son ambition expérimentale. La participation paraît timide pour le moment, avec seulement 41 fans sur la page Facebook.

On gage néanmoins qu’avec un pitch aussi polémique que « la mort violente de Nicolas Sarkozy aux élections de 2017″ (puisqu’en effet l’auteur a déjà prévu l’évidente victoire de Painchaud pour 2012), ce feuilleton-roman devrait s’inviter dans quelques papiers de la presse online/offline.

J’en profite d’ailleurs pour glisser un rappel sur ce concours auquel nous avions participé, Gaëtan, Damien du Dlc et moi-même, pour présenter « Un Yéti dont vous êtes le héros« .

Depuis quelques semaines, moults opé digitales s’intéressent spécifiquement aux jeunes femmes, plastiquement intéressantes s’entend. Le web n’est plus une affaire de geek ; les femmes naviguent, discutent et participent à l’activité de l’internet international. Les annonceurs paraissent moins frileux et sont plus enclin à cibler la gent féminine à l’aide de dispositifs full web. Une autre tendance souligne le gain de créativité dans les concours proposés.

Des lots plus originaux qu’un chèque cadeau de 30€ chez Décath, des sites web dédiés à l’opé, une campagne media autour… Bref, les concours ne sont pas près de mourir. Morceaux choisis.

Concours American Apparel Search best bottom world

American Apparel, toujours à la pointe lorsqu’il s’agit de s’aventurer sur des terrains border-line a lancé il y a 2 semaines son concours « The Search for The Best Bottom of the World« . La gagnante se verra offrir des produits American Apparel par fagots, en plus de figurer sur certains supports de communication de la marque (personnal branding au top). Et d’obtenir un titre qui rendrait jaloux la moitié féminine de la planète. Un concours douteux, certes, dont le terrain viral n’est plus à prouver, certes, mais qui correspond parfaitement à l’univers de l’annonceur. Hmmm, bien joué.

Reperé sur INfluencia, Playboy Argentine a également lancé son dispositif UGC coquinou coquinou. Sous des airs de « Chaque femme peut maintenant s’offrir une séance dans un studio de photographie », Playboy entend bien vous décrocher quelques clichés litotiquement suggestifs. Le site CastingPlayboy, déployé pour l’occasion, simule une séance shooting avec un photographe professionnel dont les conseils et les flashs vous aide à dire oui à votre webcam. Un concept expérienciel intelligemment pensé. Les hommes, eux, sont invités à voter pour donner à l’heureuse élue la chance de paraître en couverture du magazine.

Rajoutons au passage un dernier concours issu du pôle digital de Lowe Stratéus (comment ça partial ?) pour Rexona qui encourageait les jeunes femmes à poster leur photo en noir sur Osez avec Rexona et se retrouvaient comme par magie (noire) sur la home de Cosmopolitan.fr.

Organiser un concours ne fait pas partie des dispositifs les plus sexy, mais comme toute opé, quand un grain de créativité s’en mêle, les concepts peuvent vite devenir viraux et profiter au capital visibilité/image d’une marque. En plus, de récupérer un fichier client / prospect qui réjouira ( = rassurera) au plus haut point les équipes marketing.

(Retenez plutôt la partie « quand un grain de créativité s’en mêle », hein)

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MAJ // « Tell me about her » by LongChamp

Je viens de tomber sur l’opération Tell Me About Her organisée par Longchamp. Une sorte de participative twiller storytold. Pour la faire courte et simple, Kate Moss est l’ambassadrice du dernier sac né des écuries Longchamp. Les internautes sont invités à laisser leur meilleur bon mot avec « Kate » et « sac » pour fil rouge (« I can’t Kate my eyes off of you », « Kate a walk on the wild side », …). Et ainsi espérer remporter les premières moutures du sac mises sur le marché, puis connaître les secrètes playlists musicales de Mlle Moss. Ou l’hystérie d’un lot ultra-ciblé.

Les meilleures trouvailles ont d’ores et déjà été compilées dans un mix New Wave post-Philippe Katerine aux influences biolayiennes (en écoute sur le site), certainement prévu pour se retrouver en promo point de vente dans quelques semaines.

Bref, une opération plutôt couillue, trendy, voire geeky, qui repose toujours sur une logique de concours singulière et originale, et dont le lot fait réellement baver la cible.

Découvert aujourd’hui dans la CBNewsletter, la dernier film arrivant sur nos écrans pour la Renault Twingo. Conçu par Publicis Madrid (David Gray à la réalisation), c’est comme un air de déjà vu :

Non, ca ne vous rappelle pas ce spot pour Peugeot diffusé il y a quelques mois ? (En italien, histoire de)

En plus de la copie ultime, la chute ne décroche pas même un sourire. De loin, on préférait les films plus osés, pour la même  baseline et le même produit :

Pourquoi la sélection d’un même axe stratégique avec la même piste créative ? Est-ce le fait que ce film vienne à l’origine de Publicis Madrid ?
A noter qu’en même temps, Peugeot diffuse à titre corporate son (bô) spot explicitement intitulé « New Identity ».

Je ne parviens pas à m’expliquer ce grand écart entre la communication corporate et la communication produit. Moult efforts pour installer une image, pour être rapidement balayés pour un film au goût fade.

Par ailleurs, en restant dans le secteur des constructeurs automobiles, on notera la dernière campagne lancée par Citroën : Anti-Retro. Certes il s’agit a contrario d’une campagne corpo, mais qui prend davantage de risque qu’une pâle copie de film. Des analyses (un peu) plus constructives chez Day Dream et chez Nékid.

Au vu des films corporate de Peugeot et Citroën, voire récemment aussi celui de Renault (« Changeons de vie, changeons l’automobile ») (et celui d’Honda tant qu’on y est), on pourrait croire que la communication corporate semble se voir accordée plus de liberté, et s’exprimer sur des terrains plus créatifs, pour des messages souvent moins funky. Faisant montre d’un parti-pris tranchant contrairement aux mi-molles des films produits récemment diffusés.

Un pop-up store Gucci, baptisé « Icon-Temporary », a vu le jour en octobre dernier à New York, avant d’entamer une tournée mondiale et de se balader entre Miami, Londres et Tokyo. Pour l’occasion, l’artiste/producteur Mark Ronson a été appelé pour collaborer avec la directrice de création de Gucci Frida Giannini et sortir une collection de chaussures inédite.

L’édition new-yorkaise de ces sneakers n’était disponible qu’aux utilisateurs d’iPhone ayant téléchargé l’application Gucci (gratuite) développée pour l’opération. Comme une façon de pousser l’internaute à embarquer la marque avec lui pour lui diffuser du contenu et créer par ce biais une relation privilégiée.
App Gucci iPhone Mark Ronson
L’application est livrée avec playlists et titres exclusifs produits par Mark Ronson ainsi que le « Gucci Little Black Book » contenant des informations sélectionnées par l’artiste et la DC de Gucci sur des hôtels, bars, restos et boîtes dans plus de 20 villes à travers le monde. Ronson s’est également fendu de quelques morceaux inédits pour chaque ouverture des pop-up stores. L’achat d’une paire de chaussures (500$ – 600$, normal) inclut également un vinyl 12″ de pistes sélectionnées par l’artiste.

Outre le trio marketing de pop-stores localisés, d’une application iPhone et d’une collaboration artistique, cette exemple souligne  la tendance des marques à s’associer à des artistes afin de produire des contenus exclusifs pour les diffuser ensuite à leurs consommateurs. Les entreprises ne vendent plus seulement de la marchandise mais produisent également du contenu (brand content) pour attirer, approfondir une relation, créer de nouveaux canaux de communication avec leurs fans et étoffer leur univers de marque.

On se demandera juste pourquoi obliger le téléchargement sur un produit d’appel aussi élitiste (même si retombées presse et visibilité considérables) alors que des articles « classiques » en promotion auraient certainement élargi la cible et viraliser d’autant plus l’application iPhone.

Pour en savoir un peu plus sur le Brand Content, voir la vidéo ci-dessous soutirée à Darkplanneur.

Article honteusement pompé de Lost in a supermarket

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